mercredi 26 avril 2017

Pour Olivier

« Olivier nous a quittés ». Cette seule phrase contient toute la violence que ressentent les Aériens à cette heure-ci. Nous dont la passion était de dire des mots ensemble, nous avons le souffle coupé. Comment comprendre, comment donner un sens, comment même accepter la brutalité avec laquelle a disparu celui qui était notre camarade de jeu, devenu pour beaucoup un ami ? Comment se représenter son absence définitive, comment imaginer qu’on ne s’appellera pas bientôt, qu’on ne se donnera pas rendez-vous dans une salle de répétition à Fontaine, dans un café à Grenoble, ou dans le Vercors où il s’était installé avec Francine, Alizé et Solène, que nous avions appris à connaître, que nous avons vu grandir pour les deux dernières, et à qui nous pensons si fort ?

On en est tous là. Sonnés. Désorientés. Choqués. On échange des textos incrédules, on s’appelle en sachant que l’autre ne va pas mieux que nous, qu’il n’a pas plus de réponse à tous les « pourquoi ? » qu’on a envie d’adresser. On repense évidemment à Christian, dont nous avions accompagné le dernier voyage avec toi, et à propos de qui tu avais évoqué «cette envie dévorante de vibrer sur scène, de se glisser dans des peaux qui ne sont pas les nôtres, d'essayer de ressentir différemment». On est assailli d’images et de souvenirs, on est tenté de les refouler, on s’y abandonne. Et on pleure.

On pleure tous ceux à qui Olivier a donné vie, en y mettant de son humour, de ses convictions et de son énergie : le « Constant » d’Oscar Wilde, le détective foutraque imaginé par Guitry, Dacquin le Français d’Algérie épris de justice, le mage Radjapour qui n’était autre que Marcel Pélucha, et on en passe. On pleure ses yeux rieurs, qui scrutaient nos réactions lorsqu’il nous soumettait un projet d’affiche. On pleure les fous rires en répétition ou en coulisses, les repas où il participait au bonheur d’être ensemble. On pleure la jeunesse qui s’en va, le vieux copain qui part avant l’heure. On pleure sa bienveillance, son écoute, son engagement, sa sensibilité.

Olivier ne nous a pas quittés. Il est parti, mais nous serons toujours avec lui.


mercredi 5 octobre 2016

« La vérité, il n’y a(vait) que ça de vrai. »


Un grand merci à l’équipe de la mairie de Villard de Lans, pour nous avoir accueillis au Rex pour notre dernière représentation de « La Vérité ».
Côté météo, ce n’était pas le top et nous remercions vivement tous les spectateurs qui ont bravé les intempéries pour venir nous retrouver au cinéma.
Heureusement les fauteuils étaient confortables et le rendez-vous sous le signe de la détente.
Nous avons passé un bon moment ensemble, avec Michel Laurence / Paul Alice… ou Michel Alice / Paul Laurence… ou ?… oh là là, on n’y comprend plus rien à leurs histoires !
Mais cela n’a pas d’importance, ce qui compte, c’est la vérité (enfin peut-être, si on veut), car comme a dit Michel pour conclure : « la vérité, il n’y a que ça de vrai. »

lundi 19 septembre 2016

La der des ders de La Vérité !


Fin de saison 2016 chez Les Aériens du Spectacle :
La dernière de « La Vérité » sera servie sur le plateau !
Et pas n’importe lequel, non, celui du Vercors.
Nous avons le plaisir de vous convier le samedi 1er octobre à 20H30 au Cinéma Le Rex à Villard de Lans.
Billets en vente à l’Office du Tourisme . Renseignements au 04 76 95 10 38

Alors si vous voulez voir (c’est le moment ou jamais), ou revoir (c’est aussi le moment ou jamais) « La Vérité » de Florian Zeller, voici votre programme pour le 1er octobre prochain :
1ère hypothèse, il fait beau. Super ! Venez donc vous promener ou faire du vélo, tranquilles sur les voies douces (ou pas) du plateau.
2ème hypothèse, il ne fait pas beau. Super ! Venez quand même et faites un tour au Casino, ou à la patinoire, ou au centre aqualudique de Villard de Lans.
Dans tous les cas de figure, prenez ensuite une collation (vous trouverez bien un bar, une crêperie ou une pizzéria à votre goût) et à 20H30, soyez au Cinéma Le Rex (salle agréable, fauteuils tout confort), pour passer une bonne soirée de détente et de rire avec nous.
Nous vous espérons nombreux.

jeudi 4 août 2016

Pour Christian : le témoignage de Chrystel

Avec qui ?
Avec qui vais-je partir en Australie ? Vais-je me calmer ? Sortir des cartes de "langue de pute" ? Manger des choucroutes en répét' ? Rire de blagues pourries ? Vais-je m'insurger ? Être de gauche, "mais vraiment de gauche" ? Parler de nibards ? Echanger des magnets horribles à chaque retour ? Parler de Mélenchon sur scène, entre deux directions du metteur en scène ? Faire des fuck jusqu'à 20 fois par jour ? Me demander ce qu'on fout dans ce projet douteux ? Boire un demi ? Parler de mes inquiétudes ? Passer des coups de fil au Canada ?
Avec d'autres, probablement, mais ça ne sera pas pareil.

Qui ?
Qui va me rassurer sur le monde ? Me demander entre deux scènes "On en est où ? On en est où ?" ? Me faire manger des chouquettes à 9h, puis à midi, puis à 16h, puis à 23h ? Déclamer "Il s'est levé madame, en se levant" à la fin de Cyrano ? Me regarder en se marrant, décrochant sur scène comme si personne à part nous deux n'était présent ? Me rendre visite avec sa douce compagne avec des petits vêtements tricotés ? Me surprendre de son talent, de sa justesse sans faille ? Me contaminer de son optimisme ? Vais-je forcer à faire des selfies ?
D'autres, probablement, mais ça ne sera plus jamais pareil.

Je pense à toi mon ami Cricrou ; Tommy n'a pas fini d'entendre parler de toi.

Chrychry, Chrystel et Rita.

mercredi 20 juillet 2016

Pour Christian : le témoignage d'Olivier


« Christian nous a quittés ».

Dit comme ça, cela sonne comme la dernière réplique d'une mauvaise pièce. On a envie de dire, « non mais attendez il reste du texte, ça peut pas se terminer comme cela, il manque une scène... ». Et puis, force est de constater que Christian est effectivement parti, en improvisation, nous laissant là, incapable d'imaginer une suite à l'histoire, sans partenaire.

On se retourne, on le cherche en coulisse, mais il ne nous reste que le souvenir de son passage sur scène, à nos cotés, la légère tension que l'on pouvait éprouver en attendant sa réplique... Allait-il partir dans une de ses fameuses « Castelinades », sa marque de fabrique, qui rendait le jeu avec lui un tout petit peu plus aventureux, glissant, imprévisible ? Mais on savait que quoi qu'il arrive, on pourrait se raccrocher à son regard, sa présence, son énergie, sa densité. Il était là, avec nous. Sur scène ou à coté.

C'est maintenant qu'il s'est éclipsé que l'on mesure le chemin parcouru ensemble, réunis par cette passion du spectacle vivant, théâtre évidemment, mais également chant, guitare,... bref cette envie dévorante de vibrer sur scène, de se glisser dans des peaux qui ne sont pas les nôtres, d'essayer de ressentir différemment, et au final, de transmettre de l'émotion...

Oui, je suis heureux d'avoir partagé ces moments de vie avec toi Christian.
Mais quand même, … j'ai envie de te dire :
« C'est un peu court, jeune homme !
On pouvait (encore) dire... ... bien des choses en somme... »

mardi 19 juillet 2016

Christian est parti...

Avec Christian, les Aériens perdent l'un des leurs qui fut présent dès le début de l'aventure, naviguant sans complexe de Reggiani à la mémorable Chanson pour Moralès, ou incarnant le Bartholo du "Barbier de Séville", geôlier de la belle Rosine auquel il apportait l'humanité nécessaire pour qu'on ne le déteste pas tout à fait. Par la suite, il mit au service de multiples rôles son incroyable présence, sa "vis comica" légendaire et l'émotion dense dont il était capable. Tour à tour diseur de poèmes érotiques, directeur de casting, amant, chef de gare... il fut aussi Frank, le professeur de Rita, le personnage qui lui collait peut-être le plus à la peau et qu'il incarna plus d'une vingtaine de fois.

A tous ces souvenirs en plateau, où tes "castelinades", cher Christian, donnaient parfois des sueurs froides à tes partenaires, s'ajoutent ceux qui se sont créés à côté, dans les coulisses ou lors de moments conviviaux entre "théâtreux". Chacun de nous a pu y ressentir ta joie de vivre, ta simplicité, ta générosité, ton sens de l'amitié. Depuis hier où la nouvelle de ton dernier voyage nous est parvenue, toutes ces images remontent une à une à la surface de notre mémoire, où elles se bousculent et nous étreignent le coeur. Le fait que tu aies vécu tant d'autres vies sur scène ne rend pas la fin de la tienne moins insupportable. Adieu, Christian.

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Sur la page Facebook des Aériens, un album avec des photos de Christian est en construction.

vendredi 13 mai 2016

Du plaisir de jouer au Laussy


Ce mardi 10 mai, nous avons donc joué « La Vérité » au Laussy à Gières.

125 spectateurs sont venus partager ce moment avec nous. Nous avons eu le plaisir de les emmener dans l’univers de Zeller et son écriture fine, savoureuse, ciselée, toute en subtilités et en petits riens qui en fait ne sont jamais des petits riens.

Le public s’est laissé volontiers emporté dans ce match (de tennis bien sûr) un peu particulier, où chacun des partenaires et/ou adversaires prend l’avantage à tour de rôle et fait planer le doute dans les esprits.
Les commentaires allaient bon train dans les rangs et l’on sentait qu’il y avait aussi « du vécu » dans la salle … !
Merci à tous d’être venus et merci à l’équipe culturelle de Gières pour son accueil et sa confiance.